Le transfert de mineurs déplacés internes (PDI) vers des combats de boxe non autorisés en temps de guerre a été officiellement qualifié par les responsables de l'administration militaire relocalisée de Lozno-Oleksandrivka (oblast de Louhansk) de « simple week-end privé ». Les réponses officielles obtenues auprès des autorités nationales, régionales et municipales par l'association internationale « DE L'AUTRE CÔTÉ DU DIALOGUE » (France, RNA W341015162) révèlent les rouages d'un système de népotisme administratif. Les infrastructures d'un centre d'accueil communal et des enfants déplacés ont été instrumentalisés comme figurants au profit d'une opération de promotion privée, au mépris des impératifs élémentaires de sécurité.
- Hors calendrier national et en violation directe des protocoles de Kyiv
Le 22 août 2026, au 5-A de la rue Salioutna à Kyiv, s'est tenu un tournoi de boxe de plein contact impliquant des mineurs. L'événement était organisé par l'ONG « Donbas-Box » (code EDRPOU 45880646) et la Fondation caritative « Kryla Donbasu » (code EDRPOU 45802788), sous la direction d'Oleksiy Bakhtin.
Présentée comme une compétition caritative pour enfants déplacés, la manifestation s'est avérée dépourvue de tout cadre légal :
- Ministère de la Jeunesse et des Sports de l'Ukraine (lettre n° 1330/C-961/26/3.1 du 28.09.2026) : le Ministère a formellement attesté qu'il n'avait ni organisé ni autorisé cette manifestation, précisant que ce tournoi ne figure pas au Plan calendaire unifié des événements sportifs et compétitions de l'Ukraine pour 2026.
- Fédération ukrainienne de boxe (FBU) : la branche régionale de Louhansk de la FBU (dépêche n° 19/08 du 19.08.2026) a saisi la Commission de discipline pour violation flagrante des statuts (art. 1 al. 1.5, art. 5 al. 5.3.10 et 5.4.11). L'événement a été qualifié de clandestin (« sauvage ») et a fait l'objet d'un boycott des entraîneurs certifiés.
- Administration régionale de Louhansk : par lettres n° 01/01-22-3133 du 08.09.2026 et n° 01/01-22-3304 du 22.09.2026, l'administration a confirmé l'absence totale de l'événement dans le calendrier régional et l'inexistence de demandes préalables.
- Département de la Jeunesse et des Sports de la Ville de Kyiv (lettres n° 078-2747 du 18.09.2026 et n° 078-2326 du 13.08.2026) : en réponse à la demande de l'ONG « Donbas-Box », la municipalité de Kyiv avait émis un accord conditionné au respect strict des règles de sécurité en période de loi martiale. La municipalité a expressément statué :
- « La responsabilité du respect de toutes les mesures de sécurité lors du déroulement des compétitions incombe à Oleksiy Bakhtin » ;
- L'organisateur avait l'obligation stricte de « limiter le cercle des personnes présentes aux seuls compétiteurs, arbitres et spécialistes nécessaires, ainsi que d'éviter toute diffusion préalable dans les médias et sur les réseaux sociaux » ;
- L'interdiction stricte des événements à thématique militaire sans autorisation spécifique (instruction KMVA n° 001-1509) devait être respectée.
Oleksiy Bakhtin a enfreint ces prescriptions : au lieu d'une compétition fermée et sécurisée, l'événement a été transformé en opération publique de relations publiques, relayée sur les réseaux sociaux avec la participation de mineurs non sportifs.
- La passerelle politico-familiale : le centre d'accueil, les enfants et les caméras
Confrontés au boycott des clubs de boxe agréés et au manque de participants, les organisateurs ont utilisé des mineurs pris en charge par le centre de coordination de l'Administration militaire de colonie (SVA) de Lozno-Oleksandrivka, relocalisé à Irpin.
Le montage logistique s'est appuyé sur des liens privés :
- Olena Kramareva — cheffe adjointe de la SVA de Lozno-Oleksandrivka ;
- Yulia — responsable de l'atelier de danse pour enfants « Svitanok » au sein du centre communal et marraine au sein de la famille d'Oleksiy Bakhtin (lien de parenté spirituelle documenté publiquement le 28.07.2026).
Le 22 août, les mineurs de l'atelier ont été transférés d'Irpin à Kyiv pour l'ouverture des combats. Dès le 23 août, la page Facebook officielle de la SVA publiait un compte-rendu célébrant la prestation des enfants sur invitation de leurs « bons amis » (les structures de Bakhtin). Parallèlement, des séquences vidéo diffusaient les interventions d'Olena Kramareva et de Yulia, enregistrées directement au bord du ring.
L'Accord de coopération n° 31 avec le Service des sports d'Irpin, invoqué pour légitimer la démarche, est chronologiquement sans valeur : il a été signé le 26 août 2026, soit quatre jours après le tournoi. Le Comité exécutif du Conseil municipal d'Irpin (lettre n° 01-24/5691 du 08.09.2026) a attesté n'avoir jamais approuvé de protocole de sécurité, d'abris ou d'équipe médicale d'urgence pour le site de la rue Salioutna.
- Solidarité bureaucratique et aveux administratifs écrits
Face aux demandes d'accès aux documents administratifs formulées par l'association internationale, les institutions publiques ont adopté une défense commune qui documente leur propre manquement :
- La SVA de Lozno-Oleksandrivka (lettres n° 1323 et n° 1329 du 18.09.2026 signées par Yevgen Svitlychnyi) : l'autorité administrative a reconnu par écrit n'avoir émis aucun ordre de mission et a déclaré expressément qu'« aucun agent public responsable de la vie et de la santé des enfants n'a été désigné ». La présence de la cheffe adjointe Kramareva et des mineurs a été justifiée par le fait que le 22 août était un samedi, jour où les fonctionnaires « disposent librement de leur temps personnel » et agissaient « à titre privé ».
- Le Service de protection de l'enfance de l'oblast de Louhansk (lettre n° 01-17/854 du 21.09.2026) : a certifié n'avoir reçu aucune déclaration préalable relative au déplacement d'un groupe d'enfants le 22.08.2026, confirmant l'absence de tout contrôle de sécurité de la part de l'État.
- L'Administration du district de Svatove (lettres n° 1/01.01-45-2236 et n° 1/01.01-45-2237 du 21.09.2026 signées par Oleg Slipets) : a reconnu l'absence de toute notification de transport et l'absence de l'Accord n° 31 dans ses registres. Elle a repris mot pour mot l'argument du « week-end privé » et a refusé d'ordonner une enquête administrative à l'encontre d'Olena Kramareva.
- La Direction des affaires juridiques de l'oblast de Louhansk (lettre n° 06-12/43 du 18.09.2026) : s'appuyant sur le décret gouvernemental n° 950, a rappelé que l'ouverture d'une enquête administrative relève de la compétence exclusive du chef de la SVA, Yevgen Svitlychnyi — signataire des courriers affirmant le caractère « privé » de la démarche.
Conclusion institutionnelle
L'ensemble des pièces administratives établit des manquements caractérisés aux normes de protection de l'enfance en période de conflit armé :
- Oleksiy Bakhtin a tenu une manifestation hors cadre fédéral et en dehors du calendrier national, tout en enfreignant les prescriptions de sécurité imposées par la Ville de Kyiv relatives à la limitation du public et au devoir de réserve informationnelle.
- Olena Kramareva a utilisé sa position d'autorité et les structures d'un centre d'accueil communal pour fournir des enfants déplacés comme figurants au profit des activités promotionnelles privées de son proche.
- Les directions de la SVA de Lozno-Oleksandrivka et du district de Svatove, en certifiant par écrit le refus délibéré de nommer des encadrants légalement responsables de la sécurité des enfants et en cautionnant l'alibi du « week-end privé », caractérisent des actes relevant des articles 137 (manquement aux devoirs de protection de la vie et de la santé des mineurs) et 364 (abus d'autorité ou de fonctions) du Code pénal de l'Ukraine.
Le dossier probatoire a été transmis aux autorités judiciaires pour inscription au Registre unique des enquêtes préliminaires (ERDR).
Залишити коментар